Rencontres 2015 – Appel à contribution

VIIIe édition des Rencontres internationales des doctorants en études byzantines

Pour la huitième année consécutive, les Rencontres internationales des doctorants en études byzantines se dérouleront à l’Institut national d’Histoire de l’Art (INHA) les 2 et 3 octobre 2015. Ces rencontres, inscrites depuis 2010 dans le cadre de l’Association des Étudiants du Monde Byzantin (AEMB), connaissent un grand succès et témoignent ainsi de l’importance des études byzantines aux yeux de la communauté scientifique. En effet, outre l’INHA qui accueille gracieusement les Rencontres byzantines depuis sept ans, cet événement ne pourrait avoir lieu sans l’aide financière des universités (Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris-Sorbonne, Caen Basse-Normandie), des grandes écoles (École pratique des hautes études, École des hautes études en sciences sociales, École des Chartes), du Campus Condorcet, de l’UMR Orient et Méditerranée et du Comité français des études byzantines.

Organisées sur deux jours, les Rencontres byzantines ont pour objectif de rassembler des doctorants de toutes nationalités consacrant leurs recherches à la civilisation byzantine, quels que soient leurs domaines de spécialisation (art, archéologie, histoire, lettres…). Afin de mettre en valeur la diversité des disciplines, aucune thématique n’est imposée. Chaque intervenant présente son sujet de recherche ou développe une problématique liée à son sujet pendant vingt minutes.

Les échanges méthodologiques sont encouragés par les discussions entre les intervenants et les auditeurs après chaque communication, soulevant des questions sur les outils de recherche et permettant à tous de partager des connaissances ainsi que de donner et recevoir des conseils par des doctorants plus expérimentés ou des professeurs.

Ces Rencontres sont aussi l’occasion pour les jeunes chercheurs de s’entraîner à l’oral afin de présenter leur travail de façon claire et construite, voire de parler, pour certains, dans une autre langue. Ils auront également la possibilité de publier l’intégralité de leur communication dans la revue en ligne Porphyra (http://www.porphyra.it) si le texte est accepté par le comité scientifique de la revue.

Les échanges dynamiques et pluridisciplinaires constituent le fondement de la réussite des Rencontres internationales des doctorants en études byzantines : venez nombreux !

Modalités d’inscription

Les doctorants souhaitant intervenir lors des Rencontres internationales byzantines les 2 et 3 octobre 2015 à l’INHA devront envoyer avant le 26 février 2015 à l’adresse suivante (lesbyzantines@gmail.com) un résumé d’une vingtaine de lignes (maximum 2000 caractères, espaces compris) avec un titre, en précisant :

– le type d’intervention (présentation du sujet de thèse ou sujet libre)
– la langue souhaitée pour intervenir (français ou anglais)
– le nom du directeur de recherche, l’institution de rattachement et le sujet de recherche.

Un accusé de réception sera envoyé systématiquement dès réception du résumé.

Le programme définitif des Rencontres sera établi le 6 avril 2015 puis envoyé aux intervenants.

PDF de l’appel à contribution ici.

Appel à communication — des pièces et des textes

Des pièces et des textes : l’économie monétaire en Égypte, des Perses aux débuts de l’Islam.

Coins and texts: the monetary economy of Egypt, from Persians until the beginning of Islam.

Le Caire, du 29 au 31 octobre 2015.

 

Les historiens peuvent avoir accès aux réalités passées d’une part par les pièces sonnantes et trébuchantes, que les chercheurs ont tenté, parfois difficilement, de classer en séries successives, mais aussi par les textes. La monnaie apparaît dans des comptes, des reçus, des contrats, des narrations (rapports, fictions, récits de voyage), sur des supports divers (ostraca, papyrus, pierres ou bronze). Il n’est pas facile de faire coïncider informations fournies par les monnaies et par les textes, d’autant plus que les spécialistes de ces deux pans de l’histoire sociale et économique travaillent trop souvent séparément. L’objectif de ce colloque est de les faire se rencontrer et travailler ensemble afin de déterminer les causes et les conséquences de l’apparition et de l’utilisation de la monnaie en Égypte.

L’économie de l’Égypte a utilisé plusieurs langues, liées aux souverains qui l’ont dirigée ainsi qu’aux populations qui l’habitaient. Chacune de ces langues transcrit la même réalité mais avec des mots et parfois des modes de pensée différents. À cet égard, les périodes de transition entre les différents pouvoirs (perse – ptolémaïque – romain – islamique) offrent une fenêtre par laquelle il est possible d’apercevoir les changements et les continuités et par là-même de saisir un peu mieux l’organisation de l’économie.

La monnaie est un outil essentiel pour l’organisation des échangeAu niveau le plus bas de l’échelle des échanges, il convient tout d’abord de faire le point sur l’utilisation quotidienne de la monnaie, notamment sur la différence entre l’utilisation des pièces d’un côté et les sommes répertoriées dans les comptes de l’autre, mais aussi sur la réalité de l’utilisation de la monnaie (or, argent et bronze) par différents groupes sociaux.

Ensuite, quel est le chemin parcouru par la monnaie ? De l’atelier d’Alexandrie à la bourse du paysan et à l’inverse, du paiement de la taxe aux caisses royales, quelles sont les étapes de transformation de la monnaie ? Qui payait quoi, avec quel métal ?

Les périodes de transition, enfin, offrent l’occasion d’analyser le changement, ou le maintien, des politiques monétaires des souverains, dans un pays où le ressource fiscale la plus importante reste le surplus des récoltes. De la frappe d’imitations de chouettes athéniennes et de l’introduction des premières monnaies de bronze à l’époque perse, au changement de système comptable sous Auguste et plus tard aux transformations introduites par les autorités islamiques, la variété des exemples fournit la possibilité de saisir le côté le plus pragmatique des échanges monétaires.

Ces trois thèmes offrent un socle à l’organisation de trois journées successives, qui permettront à la fois aux spécialistes des monnaies mais aussi aux spécialistes des textes de travailler ensemble à une meilleure compréhension de l’économie. Non seulement cette rencontre se veut pluridisciplinaire, mais elle propose aussi une étude sur la longue durée, de l’époque perse au début de l’époque islamique. Les réponses aux questions débattues permettront de comprendre les capacités de résilience des acteurs économiques de l’Égypte et de mettre en avant les spécificités de l’économie de l’Égypte sur le long terme.

Afin de faciliter les échanges, nous pensons organiser des binômes (associant un spécialiste des textes à un spécialiste des monnaies) pour permettre une confrontation des sources et –nous l’espérons–, un débat fructueux. Pour que la publication des actes du colloque se fasse le plus rapidement possible et pour que les débats lors de la rencontre soient aussi les plus intéressants possibles, il vous sera demandé le texte de votre communication 2 mois en amont du colloque. Les textes seront réunis en pré-actes qui seront diffusés quelques semaines avant le colloque pour que chacun puisse en étudier le contenu.

Points à aborder dans le colloque :

Questions de l’utilisation quotidienne de la monnaie :
– Quelles espèces étaient utilisées
– Quelle est la différence entre les sommes énoncées dans les papyrus et les monnaies en circulation (pour les trois métaux)
– Différence entre les sommes énoncées et les sommes réellement payées en monnaie
– Taux de monétarisation selon la géographie, les groupes sociaux, les époques
– Qui utilise l’or et l’argent, qui utilise le bronze. Où se fait l’échange entre les numéraires?
– La monnaie était-elle pesée ou comptée selon les périodes ? Comment la valeur de la monnaie était-elle estimée, établie ?

Production de la monnaie :

– Qui donnait l’ordre de produire de la monnaie, pour quel usage? Qui étaient les destinataires des paiements?
– Part monnayée de l’or, de l’argent et du bronze?
– Approvisionnement du marché en monnaies et retour à Alexandrie (monnaies frappées, monnaies coulées, etc)
– Part des taxes perçues en monnaie, selon les époques.
– Part des taxes dans les revenus de l’Etat
– Part des taxes par rapport au nombre de monnaies en circulation.

Gestion des monnaies anciennes et nouvelles :

– Apparition de la monnaie en Egypte, comment est-elle présentée?
– Passage de l’ancien au nouveau système de compte en Egypte lagide
– Retour au système comptable grec sous Auguste, utilisation des monnaies «ptolémaïques» au Haut Empire.
– Passage à l’étalon-or à l’époque byzantine
– Utilisation de la monnaie byzantine et arabo-byzantine aux premiers temps de la conquête.

Les propositions de communication (30mn) sont à envoyer à Thomas Faucher (CNRS, IRAMAT-CEB, Univ. Orléans) à l’adresse suivante : thomas.faucher@cnrs-orleans.fr
La date limite de proposition est fixée au lundi 30 juin 2014.

HAIDAR VELA NAIRUSZ — Un lot de céramiques du VIIe siècle à Halabiya (Syrie)

Un lot de céramiques du VIIe siècle à Halabiya (Syrie)
Nairusz HAIDAR VELA, Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

            Les niveaux de transition byzantino-omeyyade demeurent mal connus en Syrie, en dépit de l’importance qu’ils revêtent pour la compréhension des sites. Longtemps à tort, les chercheurs ont considéré que la majorité des villes et villages connaissaient leur occupation interrompue à la fin de l’époque byzantine. Néanmoins, depuis quelques décennies, les fouilles stratigraphiques ont permis d’attester une continuité de l’occupation de la période byzantine à l’époque islamique sur de nombreux sites en Syrie du Nord. L’absence de nouvelles constructions ne traduit plus nécessairement un abandon et la transition byzantino-omeyyade est mieux appréciée, ce qui a permis de porter un nouveau regard sur cette période.

            Dans le domaine de la céramologie, nous sommes toutefois, encore aujourd’hui, confrontés à un manque de publications issues de sites ayant une occupation continue de l’époque byzantine à l’époque islamique. Le passage de la céramique byzantine à la céramique omeyyade n’est donc pas toujours facile à percevoir dans cette région où les productions, tout en restant tributaires des caractéristiques locales, s’imprègnent d’influences extérieures. Loin de rompre totalement avec la tradition de l’Antiquité classique, la céramique du VIIe s. est empreinte de caractéristiques propres à l’époque protobyzantine auxquelles se mêlent de nouvelles propriétés qui se développeront tout au long des premiers temps de l’Islam ; le matériel issu des fouilles de Halabiya, sur l’Euphrate, constitue un témoignage explicite de ce phénomène.

            À travers le matériel issu d’un secteur d’habitat de Halabiya, exceptionnel par son état de conservation, cette présentation dressera un panorama des poteries en usage durant la phase de transition byzantino-omeyyade. De nombreux contextes liés à cette occupation ont été mis au jour, livrant des poteries de tradition byzantine associées à de nouvelles formes désormais caractéristiques des répertoires arabo-musulmans. Nous nous attacherons donc à présenter les caractéristiques héritées des productions protobyzantines ainsi que les « influences » proprement islamiques.

VANDERHEYDEN LORELEI – La correspondance copte de Dioscore d’Aphrodité

La correspondance copte de Dioscore d’Aphrodité
(VIe siècle, Moyenne Égypte).
Loreleï Vanderheyden, École pratique des hautes études.

En 1905, Gustave Lefebvre, alors inspecteur des antiquités égyptiennes, découvre une jarre pleine de papyrus, lors d’une fouille officielle entre Assiout (Lycopolis) et Akhmim (Panopolis), dans le village de Kûm Ishqâw (anciennement Aphrodité). Plus de six cent cinquante documents écrits en grec et en copte au VIe siècle de notre ère sont alors mis au jour.

Très vite les différents spécialistes s’aperçoivent que la personnalité centrale de cet ensemble était un certain Dioscore, fils d’Apollôs, et qu’il était le rédacteur d’une partie des documents de la jarre de Kûm Ishqâw. Les documents de la jarre, c’est-à-dire ses papiers d’affaire, sa correspondance, ses poèmes mais aussi sa bibliothèque, sont aujourd’hui désignés par l’expression « archives de Dioscore ».

Ce lot a suscité dès sa découverte un double intérêt, à la fois littéraire et historique, car cet ensemble a livré d’une part, le premier exemplaire bien conservé de certaines comédies de Ménandre et d’autre part, six cent documents de tous genres couvrant tous les aspects de l’histoire sociale, administrative, économique et religieuse de cet important village de Thébaïde, avant que ce dernier ne passe sous la domination arabe.

Pourtant, un siècle de recherches et de publications sur les archives de Dioscore n’a pas encore permis d’appréhender le dossier dans sa totalité ni d’épuiser les multiples facettes du plus important ensemble de documents que nous possédons pour l’Égypte byzantine. Bien que certains textes nouveaux restent à éditer, la partie grecque des archives est largement connue et documentée. Le versant copte a été quant à lui largement sous-estimé : il a fallu attendre les travaux pionniers de Leslie MacCoull, dans les années 1980 et 1990 pour que le corpus copte sorte quelque peu de l’indifférence où il avait été jusque là cantonné. Cette lacune nous prive pour l’instant d’une compréhension globale des archives de Dioscore. Mon travail se propose donc, en améliorant la connaissance des pièces coptes, de réduire ce déséquilibre et de parvenir à une meilleure intégration des deux composantes de ces archives.

Ces sources complètent, en effet, parfois les documents grecs, et apportent également à l’étude de ces archives un éclairage neuf sur le contexte socio-culturel de l’histoire du village d’Aphrodité. Ils mentionnent notamment des personnages absents des sources grecques, permettant ainsi une meilleure identification prosopographique de cette région, dans la mesure où les lettres coptes privées documentent une partie de la population absente des textes administratifs grecs. Ces documents présentent donc des réalités et des caractères différents de ceux présents dans les écrits officiels. Ces papyrus coptes ont également un intérêt linguistique certain : ils posent le problème de l’usage du copte dans une société où, si le copte était la langue parlée, le grec était celle de l’administration. Or les archives de Dioscore sont parmi les premières à établir le rapport entre ces deux langues. Je cherche donc à comprendre pourquoi une telle différence existe entre ces deux versants d’un même ensemble archivistique : l’étude de ces lettres aidera à comprendre qui avait recours à cette langue, dans quelles conditions et pour quels types de documents. En d’autres termes, elle posera le problème des rapports entre la langue nationale des Égyptiens et celle du pouvoir byzantin, à une époque où la première commence à gagner du terrain sur la seconde dans le domaine des actes juridiques.

Je rassemble donc le corpus des lettres coptes des archives de Dioscore sous la forme d’une édition commentée. Les lettres constituent, en effet, le type documentaire le plus représenté dans la composante copte de ces archives. Par ailleurs, dans la mesure où elles sont presque toujours privées, elles complètent le pan grec où ces dernières sont quasiment absentes.

Le corpus des lettres coptes compte une trentaine de pièces éditées et au moins une dizaine d’inédits déjà repérés. La réédition des premières, que je me propose de collationner avec les originaux devrait apporter de nombreux gains textuels et faire progresser leur compréhension. Quant aux inédits, ils appartiennent principalement aux collections des Musées Égyptien et Copte du Caire, de Londres et de Berlin. Un travail d’heuristique dans les diverses collections qui contiennent des papyrus des archives de Dioscore devrait me permettre, je l’espère, d’en augmenter le nombre, la totalité du pan copte des archives n’ayant pas été complètement explorée. Cette édition sera accompagnée d’une synthèse qui posera le problème du rapport entre langue grecque et copte dans un milieu villageois du VIe siècle, comme celui d’Aphrodité. Elle étudiera le dialecte copte en usage dans cette région et analysera les données historiques susceptibles de compléter celles livrées par les archives grecques.

Les différents sujets soulevés par cette étude sont susceptibles d’intéresser nombre de spécialistes : non seulement les papyrologues et coptisants, mais plus largement les historiens de l’Antiquité tardive, du monachisme et du bilinguisme, problématique centrale de mon travail.

RAFIYENKO DARIYA – Historiographic rewriting : the main tendencies in Peter the Patriacian

Historiographic rewriting: the main tendencies in Peter the Patrician (VIth c.)Dariya Rafiyenko, Université de Cologne.

The Byzantine historians considered the reception and treatment of the works of their predecessors as one of their main tasks. This aspect of the historiography, referred to as historiographic rewriting, implies a complex process of updating and compiling, summarizing and paraphrasing, adding and excising the historiographic data. The reasons for such a “flexible” approach to historiographic rewriting was assumedly to accommodate the historiographic knowledge to the changing needs of the society, where political, social and religious reorganization took place. This presupposes that the rewriting was a conscious creative act that had its literary, ideological and cultural reasons and that this act is worth of independent research.

The present speech aims to show the main tendencies in the historiographic rewriting that can be observed in the historical fragments of Peter the Patrician, a Late Antique or rather Early Byzantine official, diplomat and historian of the 6th century. His historical work, now extant in a considerable number of fragments, dealt with the history of the Roman Empire probably beginning with the second half of the 1st century BC and reaching at least the 4th century. His main source for the period from about 42 BC to 229 AD was the Roman History of Dio Cassius (ca. 150 – 229 AD). Following rather close to the narrative of Dio, Peter still shows considerable discrepancies with regard to his source. A thorough analysis of these discrepancies can show us the probable motivation for the main classes of the changes that can be observed. On the basis of this analysis I will try to show that reshaping the narrative on various levels, simplification and alteration of the content as well as ideological restructuring of the content belong to the main consequences I could observe.