XVIIe édition (2-3 octobre 2026)

Appel à communications

XVIIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes, Paris, 2-3 octobre 2026

Innover dans la Nouvelle Rome.
Pensées, pratiques et réponses à la nouveauté dans les mondes byzantins

(English version below)

Byzance est souvent perçue comme une civilisation d’une grande stabilité, caractérisée par un certain conservatisme. En effet, la fidélité revendiquée de la civilisation byzantine à une tradition remontant à l’Antiquité, conçue comme modèle à conserver et imiter, a contribué à forger l’idée qu’elle était avant tout gardienne d’un héritage, minorant dans l’imaginaire collectif la place accordée à l’innovation. Pourtant, la continuité indéniable de cette société pourrait aussi être apparentée à celle du bateau de Thésée : un corps toujours vivant, dont chaque pièce est peu à peu renouvelée jusqu’à rendre le tout méconnaissable. S’inscrivant dans cette perspective, des chercheurs et chercheuses toujours plus nombreux, tels que Anthony Littlewood sur l’originalité dans l’art byzantin, Raúl Estangüi Gómez sur l’adaptation institutionnelle à l’époque paléologue ou encore Joanita Vroom sur le renouvellement des formes et usages de la céramique, remettent en question l’image fixiste héritée des Lumières et rappellent que les mondes qui gravitent autour et nourrissent la Nouvelle Rome ont toujours su mener et accommoder, tout au long de leur histoire, des transformations profondes, aussi bien politiques, religieuses, sociales ou techniques que culturelles.

Sensible à ce contraste entre une apparente fidélité à la tradition et la réalité ordinaire des changements, l’AEMB se propose ainsi d’interroger la notion d’innovation dans les mondes byzantins au sens large (Afrique du Nord, Égypte, Chypre, Grèce, Proche-Orient, Asie mineure, Caucase, Balkans et monde slave orthodoxe, péninsule  italienne, etc.) à l’occasion des XVIIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes.

Qu’entend-on par « innovation » dans une société qui semble, au premier abord, perpétuer de manière fidèle les modèles du passé ? Parmi tant d’autres phénomènes, l’évolution des techniques de production ou de construction, les transformations des pratiques codicologiques et graphiques, les adaptations militaires ou encore les renouvellements iconographiques et esthétiques constituent autant de terrains privilégiés pour observer les modalités concrètes du changement. Ces évolutions invitent à interroger les conditions de circulation des savoirs, des techniques et des modèles, ainsi que leur réception dans les différents milieux et espaces des mondes byzantins, de même que leur rapport avec les voisins directs de l’Empire.

Dans quelle mesure le changement est-il pensé, revendiqué, ou au contraire dissimulé, voire rejeté, par les acteurs byzantins eux-mêmes ? Réformes juridiques, évolutions dogmatiques, mutations intellectuelles, transformations des pratiques liturgiques ou administratives témoignent de dynamiques de renouvellement, qui ne vont pas sans résistances. L’étude des réponses à la nouveauté — acceptation, adaptation, rejet, réaction — permet de saisir la tension entre innovation et conservatisme, qui s’exprime de manière exemplaire à travers le phénomène des traditions inventées, particulièrement saillant dans les disputes théologiques, où la frontière entre orthodoxie et hérésie se trouve constamment redéfinie. Il est tout aussi essentiel de s’interroger sur le rôle joué par les acteurs clés de la production, de la diffusion et de la régulation du savoir et des pratiques : les élites dirigeantes, mais aussi les responsables religieux, les administrateurs, les lettrés et savants, les artisans, les marchands.

L’innovation doit-elle être comprise comme une rupture, une évolution progressive, ou comme une réélaboration créative de formes existantes ? Est-elle une catégorie pertinente pour penser le monde byzantin, ou relève-t-elle avant tout d’un regard moderne projeté anachroniquement sur le passé ? Réfléchir à l’innovation implique de considérer quels termes et notions sont mobilisés par la documentation byzantine elle-même pour conceptualiser la nouveauté, afin de les confronter à la manière dont les historiens ont pu appréhender, définir, imaginer ou, au contraire, nier l’existence d’innovations à Byzance. À travers ces différentes problématiques, les XVIIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes entendent contribuer à repenser la manière dont le changement et la nouveauté ont été perçus, adoptés ou contestés dans les mondes byzantins et montrer que Byzance, loin d’être un simple conservatoire et relais de pratiques héritées voire figées, peut être envisagée comme un espace constant de réajustement, d’expérimentation et de création.

Les communications pourront s’inscrire dans l’une des thématiques suivantes, citées à titre non exhaustif :

  • Évolution des techniques, renouvellement des systèmes agraires et de production
  • Innovations iconographiques et artistiques
  • Innovations, emprunts, réappropriations linguistiques
  • Innovation et traditions savantes
  • Innovation théologique, orthodoxie, hérésie
  • Justice, Église, institutions
  • Perception, réactions, revendications et résistances au changement
  • Acteurs·rices de l’innovation
  • Circulations, contacts et transferts
  • Définitions, usages et terminologie dans les langues des mondes byzantins
  • Temporalités et spatialités de l’innovation
  • Historiographie de l’innovation à Byzance

Les communications, d’une durée de vingt minutes, pourront être données en français ou en anglais. Les propositions de communication (250 à 300 mots), accompagnées d’une brève biographie incluant l’institution de rattachement, le niveau d’études actuel (master, doctorat, post-doctorat) et le sujet de recherche, devront être envoyées à l’adresse aemb.paris@gmail.com au plus tard le 22 mars 2026.

Les Rencontres se tiendront en présentiel à Paris — à l’Institut national d’histoire de l’art et à l’Institut des civilisations du Collège de France — les 2 et 3 octobre 2026. Une contribution de l’AEMB aux frais de transport est envisageable pour les candidat.e.s ne pouvant obtenir de financement de la part de leur institution d’origine : ils et elles sont prié.e.s de bien vouloir l’indiquer au moment de la soumission de leur proposition de communication. L’adhésion à l’association, d’un montant de 15 €, est obligatoire.


Innovating in New Rome.
Conceptions, Practices and Responses to Change in the Byzantine World

The common perception of Byzantium remains, by and large, that of a remarkably stable and highly conservative civilization. Its proclaimed fidelity to an age-old tradition going back to Antiquity, valued as a model to preserve and reproduce, has forged in the popular imagination the idea that it was essentially a guardian of the past, leaving little place for innovation. yet, the undeniable continuity of this society could also be likened to the ship of Theseus: a living body, renewed piece by piece till it was wholly unrecognizable. Furthering this approach, an increasing number of scholars, from Anthony Littlewood on originality in Byzantine art to Raúl Estangüi Gómez on institutional adaptation in the Palaeologan period, not to mention Joanita Vroom on the renewal of ceramic forms and uses, has worked to question the picture of immobility inherited from the Enlightenment and has emphasized that New Rome always knew how to lead and accompany profound transformations, be they political, religious, social, technical or cultural.

Attentive to this contrast between apparent fidelity to tradition and the ordinary reality of change, the AEMB sets out to question the concept of innovation in the Byzantine world, broadly conceived (North Africa, Egypt, Near-East, Anatolia, Caucasus, Cyprus, Greece, Balkans and Orthodox Slavic world, Italy, etc.), on the occasion of the 17th International Gathering of Young Byzantinists.

What is understood as “innovation” in a society which seems, at first glance, to reproduce models from the past with little variation? Among many other things, the evolution of production and construction techniques, the transformation of codicological and graphic practices, military adaptations as well as iconographic and aesthetic shifts provide fertile ground to observe the practical conditions of change. These evolutions invite us to question the conditions under which knowledge, techniques and models circulate, and likewise their reception within the various publics and spaces of the Byzantine world, including relations with neighboring societies.

To what extent was change conceptualized, acknowledged, or on the contrary concealed or rejected by Byzantine actors themselves? Judicial reforms, dogmatic evolutions, intellectual mutations, liturgical or administrative transformations all bear witness to moments of renewal, which in turn generated movements of resistance. Studying responses to novelty – acceptance, adaptation, rejection, reaction – allows us to better grasp the tension between innovation and conservatism, best expressed through the case of invented traditions, which appear with remarkable clarity in the context of theological disputes, wherein the border between orthodoxy and heresy found itself constantly redefined. It is likewise necessary to question the role of key actors in the production, diffusion and regulation of knowledge and practices: governing elites, but also religious dignitaries, administrators, literati and scholars, artisans and traders.

Should innovation be defined as rupture, progressive evolution, or the creative reelaboration of existing forms? Is it a relevant category to understand the Byzantine world, or is it an anachronistic projection artificially imposed upon the past? Thinking about innovation must also involve a consideration of the terms and notions used by Byzantine documents themselves to conceptualize novelty, so as to confront them with the way modern scholars have imagined, defined, or to the contrary denied the existence of innovation in Byzantium.

Through these thematic strands, it is hoped the 17th International Gathering of Young Byzantinists will contribute to rethink the way change and novelty were perceived, adopted or contested in the wider Byzantine world, and to show that Byzantium, far from being a mere repository of inherited, if not static practices, can and should be envisaged as a space for constant readjustment, experimentation and creation.

Presentations may address one or more of the following, non-exhaustive, list of topics:

  • Evolution of techniques and renewal of agrarian and productive systems
  • Iconographic and artistic innovations
  • Linguistic innovations, borrowings, reappropriations
  • Innovation and tradition in scholarly thought
  • Theological innovation, orthodoxy, heresy
  • Justice, the Church, institutions
  • Perceptions, reactions, claims and resistance to change
  • Actors of innovation
  • Circulations, contacts and transfers
  • Definitions, uses and terminology in the languages of the Byzantine world
  • Temporalities and spatialities of innovation
  • The historiography of innovation in Byzantium

Presentations should last about 20 minutes and may be given either in English or in French. Proposals (250 to 300 words), accompanied by a short biographical note including the author’s current institution, level of study (Masters, PhD, postdoctoral) and subject of research should be sent to aemb.paris@gmail.com by the 22nd of March, 2026.

The Gathering will be held in person, in Paris – at the Institut national d’histoire de l’art and at the Institut des civilisations (Collège de France), on the 2nd and 3rd of October, 2026. The AEMB may consider contributing to travel costs for participants unable to receive funding from their home institution – in such a case, they are kindly requested to state so when submitting their abstract. Successful applicants are required to join the AEMB and pay a membership fee of 15 €.

XVIe édition (3-4 octobre 2025)

Appel à communications

XVIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes, Paris, 3-4 octobre 2025

Byzance intime. Regards sur soi et sur l’autre : discours, pratiques, objets 

(English version below)

Dès les années 1940, les travaux pionniers de Phaidon Koukoulès sur la vie quotidienne à Byzance ont ouvert la voie à un foisonnement d’études prenant l’intime et le privé comme objets d’histoire. Depuis, le nombre et la diversité des recherches n’ont fait que croître : des contributions d’Évelyne Patlagean sur l’enfance à celles de Martin Hinterberger sur les émotions, en passant par l’exposition Byzantine Hours, Works and Days. Everyday Life in Byzantium (Athènes – Thessalonique – Mistra, 2002), les études byzantines se sont emparées de sujets aussi variés que les contours de la sensibilité, le rapport au corps et l’archéologie du quotidien. 

Prenant acte de cet élan, les XVIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes mettent à l’honneur la notion d’intime en scrutant la culture byzantine au prisme de « ce qui est le plus intérieur ». Incarnant « le plus essentiel en même temps que le plus retiré et secret », l’intime est aussi « ce qui associe le plus profondément à l’Autre et porte au partage avec lui » ; il s’y reflète d’emblée une dialectique du “dedans” et du “dehors”, indissociable de l’émergence d’une idée de soi [1]. Cette frontière subtile s’exprime à tous les niveaux et dans toutes les dimensions de la vie sociale, des méandres de l’espace urbain aux pièces de la demeure, et jusqu’à la diplomatie des regards et des secrets. 

Le sens de l’intime se fonde sur la conscience de soi. Que ce soit par le biais du soin, de l’hygiène, de la médecine ou de la parure, c’est d’abord par le corps que le sujet se confronte à l’altérité. Il s’agit dès lors de cerner les soins dont l’enveloppe charnelle fait l’objet dans le monde byzantin, en précisant les pratiques et les discours qui la construisent et l’accompagnent. Le souci du corps n’exclut pas celui de l’âme, bien au contraire. L’introspection encouragée par les Pères de l’Église imprègne toute la société et prend, à Byzance, une envergure particulière : toutes sociales que puissent être ses manifestations extérieures, la foi est également matière intime. Nourrie d’une relation intérieure et sensible au divin, la dévotion privée se tient au cœur de l’expérience quotidienne des fidèles. 

Là où les textes sont souvent muets, l’étude des lieux et des objets de l’intimité apporte un éclairage précieux. L’analyse des restes humains dévoile une histoire secrète de l’alimentation, des blessures et des mobilités. Au cœur des habitations, la distinction entre les espaces ouverts aux visiteurs et ceux réservés à la maisonnée dessine tout un univers de pratiques sociales. Les vestiges d’établissements balnéaires, les objets de toilette, les outils du médecin donnent corps au soin de soi ; comme en un miroir, amulettes et icônes domestiques constituent les supports d’une autre intimité,  spirituelle celle-ci : celle du fidèle avec Dieu. En-dehors du texte lui-même, les notes marginales témoignent du rapport familier du lecteur à l’œuvre. 

L’amour et l’amitié transposent l’intime à l’échelle des relations sociales. Mais quel rôle peuvent-ils endosser dans une société hiérarchisée, où intérêts politiques et économiques sont inséparables des stratégies matrimoniales et des relations de patronage ? Maîtres et serviteurs, époux et concubins, parents et enfants charnels ou spirituels : la famille concentre les relations de proximité en même temps qu’elle met en jeu les normes de comportement, entre solidarité et rivalité. Prolongeant la maisonnée, les relations d’amitié se situent au croisement de l’intime et de l’intérêt : elles interrogent le rôle des sociabilités informelles dans les réseaux de pouvoir. Il n’est pourtant jusqu’à la mort qui ne parvienne à trancher ces liens, dont les pratiques funéraires trahissent la ténacité : le soin de l’autre s’exprime encore dans la mémoire de son nom, à laquelle s’adaptent, peu à peu, liturgies et lieux de culte. 

Les déclarations d’intimité, omniprésentes dans les lettres byzantines, éclairent la puissance d’une rhétorique de la proximité. Celle-ci souligne l’importance de modèles culturels de l’intimité qui, de la Vierge à l’Enfant aux compagnons d’Achille, modèlent l’expression de la familiarité et de l’affection. Quels sont alors les discours admis de l’émotion, quel est le partage des affects publics et privés ? 

Qu’il s’agisse du regard sur soi ou du regard de l’autre, l’intime est constamment modelé par le travail des apparences et les exigences de la norme. Émotions et sexualité reflètent une dialectique du licite et du honteux, de la dissimulation et de l’exhibition. Genre et statut social autorisent certaines formes d’intimité et en interdisent d’autres ; ils déterminent ce qui peut être connu et ce qui doit rester caché. Se pose alors la question du scandale et des déviances intimes que ne saurait tolérer la société. 

À travers ce thème inépuisable, les XVIe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes se donnent pour ambition d’approcher, avec tout le respect qui lui est dû, l’intimité de Byzance.

Les communications pourront s’inscrire dans l’une des thématiques suivantes, citées à titre non-exhaustif: 

  • Rhétorique de l’intime et discours des émotions
  • Sensibilité et socialisation (toucher, regard, ouïe, odorat, goût)
  • Rapport au corps, soins du corps, hygiène et santé
  • Apparences, pudeur, honte et exhibition
  • Images de l’intimité 
  • Espaces et lieux de l’intimité
  • Œuvres, objets, outils intimes
  • Amours et amitiés 
  • Liens familiaux et cadre domestique 
  • Intimité avec Dieu (dévotion privée, mystiques, ascètes)
  • Intimité et ritualité 
  • Contrôle de l’intime, transgressions et scandales 
  • Sphère publique et sphère privée 
  • Écriture et intimité, manuscrits et autographes 

Les communications, d’une durée de vingt minutes, pourront être données en français ou en anglais. Les propositions de communications (250 à 300 mots), accompagnées d’une brève biographie incluant l’institution de rattachement, le niveau d’études actuel (master, doctorat, post-doctorat) et le sujet de recherche, devront être envoyées à l’adresse aemb.paris@gmail.com, au plus tard le 31 mars 2025. 

Les Rencontres se tiendront en présentiel, à Paris, les 3 et 4 octobre 2025. La prise en charge des frais de transports par l’AEMB est envisageable pour les candidats ne pouvant obtenir de financement de la part de leur institution d’origine. Les candidats retenus devront adhérer à l’AEMB. 

[1] Jullien, F., De l’intime. Loin du bruyant Amour, Paris, Grasset & Fasquelle, 2013, p. 2.


Knowing me, knowing you: The Practices, Discourses, and Materiality of Intimacy in Byzantium

Ever since Phaidon Koukoules set the ball rolling with his pioneering work on Byzantine daily life in the 1940s, studies on the intimate and the personal have been gathering pace, increasing in both number and diversity over the years. From Évelyne Patlagean’s research on childhood to Martin Hinterberger’s contributions to the history of emotions, via the exhibition Byzantine Hours, Works and Days: Everyday Life in Byzantium (Athens – Thessaloniki – Mistra, 2002), Byzantinists have explored subjects as varied as discourses of sensibility, the treatment of the body, and the archaeology of everyday life.

Inspired by this growing interest, the Sixteenth International Meeting of Early-Career Byzantinists will revolve around the theme of intimacy, letting “all that is innermost” guide our investigations into Byzantine culture. “At once the most necessary and the most secret” of things, the intimate is also a site of “deep connection and even communion with the Other,” enabling the dialectic between the internal and the external that is imperative for the emergence of the concept of the self [1]. Every level and every dimension of social life is traversed by this porous boundary: from the contours of urban spaces to the rooms of private houses, and even the intangible frontiers of shared glances.

If the intimate is made possible by the idea of the self, then the first contact between ego and alterity is mediated through the body. Hygiene, medicine, cosmetics, and adornments all constitute interfaces between the human form and the world beyond. How, then, did Byzantines treat their physical selves, and what discourses and practices accompanied and shaped the socialised body? Care for the flesh does not, of course, exclude concern for the soul. The introspection encouraged by the Church Fathers permeated Byzantine society and made faith a deeply personal matter, however social its exterior manifestations may have been. This intimate, tangible relationship with the divine nourished private devotion, which lay at the heart of everyday life for the faithful.

In a domain where texts are often silent, intimate places and objects can offer valuable insights. The analysis of human remains reveals hitherto unknown histories of diet, injury, and migration. Within homes, the distinction between spaces open to visitors and those reserved to the household forms an imprint of social practices. Whilst the ruins of bathhouses, products for personal hygiene, and medical tools bring to life the care of the body, the care of the soul is attested to through amulets and domestic icons, objects that facilitate a spiritual intimacy between God and the faithful. Yet another kind of intimate relationship, that between text and reader, is preserved in the marginal notes of manuscripts.

On an interpersonal level, intimacy is expressed through love and friendship, but what role did these emotional connections play in a hierarchical society, one where political and economic interests were inseparable from marriage strategies and networks of patronage? Close relationships were concentrated within families and households and these ties between masters and slaves or servants, spouses and lovers, parents and children, whether biological or spiritual, reveal a range of behavioural norms, from solidarity to rivalry. Extending the family circle still wider, the role of informal social relations in networks of power can be investigated through friendships, which were at once matters of personal connection and of broader interests. The endurance of such bonds even beyond death is demonstrated by funerary practices: intimacy continued to be expressed by the memorialisation of the name of the deceased in liturgies and religious spaces, which were gradually adapted to meet such needs.

As the ever-present declarations of closeness between Byzantine letter-writers show, the rhetoric of intimacy held an important place in Byzantine society. Expressions of affection and understanding were shaped by cultural models of intimacy, from the Virgin and Child to the companions of Achilles. What were the socially sanctioned discourses of emotion? How could feelings be shared,  publicly and privately?

Intimacies of all kinds were constantly conditioned, from both within and without, by the concern for appearances and the pressure to adhere to social norms. Sexuality and affectivity were sites of dialogue between the licit and the shameful, between concealment and display. Gender and social status permitted certain forms of intimacy and forbade others, dividing what could be shown openly from what had to remain hidden. These restrictions open up the topic of intimacies that society would not tolerate, and the scandals that resulted from them.

Through the endless nuances of this theme, the Sixteenth International Meeting of Early-Career Byzantinists seeks to deepen our understanding of, and intimacy with, Byzantium. 

Presentations may wish to address one or more from the following, non-exhaustive, list of topics:

  • The rhetoric of intimacy and the discourse of emotions
  • Senses and socialisation (sight, sound, touch, smell, taste)
  • Caring for the body, hygiene and health
  • Appearances, modesty, shame, and display
  • Images of intimacy
  • Intimate spaces and places
  • Intimate meanings and functions of objects, tools, and creations
  • Love and friendship
  • Family ties and other domestic relationships
  • Intimacy with God (private devotion, mysticism, asceticism)
  • Intimacy and ritual
  • Restrictions on intimacy, transgressions and scandals. 
  • The public and the private sphere
  • Intimate writings, manuscripts, and autographs. 

Presentations should last about 20 minutes and may be given either in English or in French. Proposals (250 to 300 words) accompanied by a short biographical note including the author’s current institution, level of study (Masters, PhD, postdoctoral), and subject of research should be sent to aemb.paris@gmail.com by the 31st of March 2025.

The Meeting will be held in person, in Paris, on the 3rd and 4th of October 2025. The AEMB may be able to cover travel costs for presenters who are unable to receive funding from their home institution. Successful applicants must join the AEMB. 


[1] Jullien, F., De l’intime. Loin du bruyant Amour, Paris, Grasset & Fasquelle, 2013, p. 2, (translation ours).

Offre de stage – Collège de France – Bibliothèque byzantine

Le Collège de France et sa Bibliothèque byzantine recrutent deux stagiaires durant 3 mois (rémunérés) pour participer à l’indexation de la documentation photographique de la Collection chrétienne et byzantine de Gabriel Millet (1867-1953), archéologue et historien de l’art. Au cours de ses nombreux voyages, il rassemble une très large documentation sur les arts byzantins, confiée à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes et au Collège de France. Ce dernier (coté 6 PV) concerne 1 152 plaques de verre photographiques qui n’ont pas encore été inventoriées et qui donnent à voir édifices et peintures, manuscrits et arts somptuaires, paysages et vie monastique sur toute l’aire de rayonnement de l’empire byzantin.

Plus d’informations :

https://www.college-de-france.fr/fr/actualites/deux-stagiaires-fh-la-bibliotheque-byzantine-fonds-gabriel-millet

XVe édition (4-5 Octobre 2024)

4-5 Octobre 2024 : XVe Rencontres internationales des jeunes byzantinistes

Le programme est maintenant disponible ! / The programme is available!

Téléchargez ici l’appel à communication ! / The call for papers is available here!

Byzance en ses marges : centres, périphéries, contours

La montagne, la croix, les bourreaux : tout, dans la célèbre miniature du Psautier Khludov, nous transporte “au-dehors”. Aux portes de la ville, à la lisière de la société, la Crucifixion évoque encore, au souvenir des iconoclastes, les contours mouvants du dogme chrétien. De cette remarquable mise en abyme où l’image, depuis les marges auxquelles elle semble reléguée, surplombe le texte pour en mieux tempérer l’ascendant, émane pourtant une vague confusion : lequel, de l’écrit ou de l’enluminure, se tient au centre de la page – s’il en est un ?

Des marges du psautier à celles de Byzance, il n’y a qu’un pas. Microcosme par excellence, le livre illustré nous invite à étendre, à l’échelle d’un monde, cette notion ambivalente.  À l’image du tracé mouvant des frontières, la tension qui se noue entre le texte et la miniature affleure, sous de multiples aspects, à travers la carte : entre la capitale et les provinces, l’empire et ses vassaux, le prince chrétien et ses voisins.

Telles régions limitrophes s’affirment, avec le temps, comme des centres incontestables du pouvoir – la Serbie et la Bulgarie, l’Épire et Trébizonde : et voici Byzance devenue marge. Telles autres, plus éloignées de Constantinople – culturellement, spirituellement –, maintiennent avec elle des liens ténus pour mieux se définir : ainsi de l’Arménie, de la Sicile, de la Rus’ de Kiev et même de l’Éthiopie, autant d’autres Byzance(s) en-dehors de Byzance.

En réduisant à l’espace urbain les enjeux territoriaux de l’empire, en les transposant aussi à l’espace ecclésial, le même paradigme nous incite à en déceler les axes et les seuils. Les murs de la ville et ses édifices, l’architecture et le décor des églises, les lieux de pèlerinage et les nécropoles élaborent et refondent, constamment, la notion de liminalité.

Le Christ supplicié, de même que l’iconoclaste sacrilège, esquisse la norme sociale : l’hérésie, comme le calvaire, retranche, exclut, marginalise. Mais les franges de la société byzantine, qui dépassent de loin les
projections modernes, façonnent une mosaïque nuancée dont bien des composantes, souvent négligées – femmes, criminels, ascètes –, nous engagent à repenser la cohérence.

Moines et monastères revendiquent leur marginalité autant qu’ils l’idéalisent : tant leur implantation, aux abords ou en plein cœur de la ville, que la reconnaissance sociale dont ils jouissent, semblent contredire la réclusion à laquelle ils prétendent. L’exil lui-même, souvent amer, maintient plus que jamais son objet au centre des égards : éloigné, on le surveille ; il écrit, revient parfois.

Penser Byzance, enfin, exige la distance et le décentrement du regard étranger. Chroniqueurs arméniens, latins et syriaques, émissaires arabes et mongols ont porté sur l’empire, sa culture et ses rites, un œil attentif, parfois acéré, que les historiens ne sauraient mésestimer. Notre discipline elle-même n’y échappe en rien : ultime soubresaut du monde gréco-romain, interminable Bas-Empire ou prélude à la Turquie ottomane, l’histoire byzantine fut, elle aussi, longtemps perçue comme marginale – l’une de ces inévitables transitions indispensables à la chronologie.

Les centres, les normes, les limites : tout restait alors à définir à qui voulait que la culture byzantine devînt enfin l’objet d’une étude autonome. Aujourd’hui, la délicate tension entre le centre du monde et les marges de l’empire témoigne des avancées de la recherche comme des écueils auxquels elle est confrontée. Telle est l’ambition des XVe Rencontres internationales des étudiants du monde byzantin : aborder Byzance en ses marges, depuis ses marges, en tant que marge.

Les communications pourront s’inscrire dans les thématiques suivantes :
– marges territoriales, frontières et espaces de transition
– peuplement des marges et déplacements de populations
– place des femmes, des enfants, des esclaves, des individus en dehors des normes de genre
– maladies, infirmités, handicaps, mort
– controverses religieuses, hérésies, excommunications et anathèmes
– institutions monastiques
– manifestations de la marginalité : costume, pratiques alimentaires
– Byzance vue de l’extérieur

Les interventions, d’une durée de vingt minutes, pourront être données en français ou en anglais. Les propositions de communications (250 à 300 mots), ainsi qu’une brève biographie incluant l’institution de rattachement, le niveau d’études actuel (master, doctorat, post-doctorat) et le sujet de recherche, devront être envoyées à l’adresse aemb.paris@gmail.com, au plus tard
le 31 mars 2024. Les Rencontres se tiendront en présentiel,
à Paris, les 4 et 5 octobre 2024. La prise en charge des frais de transports par l’AEMB est envisageable pour les candidates et candidats ne pouvant obtenir de financement de la part de leur institution d’origine. Les candidates et candidats retenu.es devront adhérer à l’AEMB.

Byzantium within its margins: Centres, Peripheries and Outlines

 

A mountain, a cross, an executioner: everything in the well-known miniature of the Chludov Psalter carries us “outside”. At the gates of the city and on the margins of society, the Crucifixion also recalls, through the memory of Iconoclasm, the shifting outlines of Christian dogma. From the margin where it is seemingly relegated, the image overlooks the text to better mitigate its authority. Yet, in this remarkable mise en abyme, a sense of confusion remains: which of the written word or the image holds centre stage – if there is any?

There is but one step from the margins of the psalter to those of Byzantium. As a quintessential microcosm, the illuminated manuscript invites us to extend this ambivalent notion to the scale of a world. Like the shifting lines of a border, the tension emerging between the text and the miniature likewise surfaces in varied ways across the map: between the capital and its provinces, the Empire and its vassals, the Christian prince and his neighbours.

Thus, some borderlands emerge over time as centres of power in their own right – Serbia and Bulgaria, Epirus and Trebizond – occasionally turning Byzantium itself into a margin. Others, further removed from Constantinople geographically, culturally or spiritually – nevertheless maintain subtle ties with it to better define their own identity, such as Armenia, Sicily, Rus’ and even Ethiopia – all in a way Byzantium(s) beyond Byzantium.

By scaling down the territorial questions of the Empire to urban space, or transposing them onto the space of the church, the same paradigm invites us to retrace their axes and thresholds. City walls and structures, church architecture and decoration, pilgrimage sites and necropoleis constantly reshape and redefine the notion of liminality.

Both the Torture of Christ and the sacrilege of iconoclasm suggest a social norm: heresy, like Calvary, excludes, cuts off and marginalises. Yet the fringes of Byzantine society, which go far beyond contemporary projections, compose a nuanced mosaic whose many elements, often overshadowed – women, criminals, ascetics –, call upon us to rethink the cohesion of the whole.

Monks and monasteries proclaim their marginal status as much as they idealise it: both their location, on the fringes if not within the heart of the city, as well as the social recognition they receive seemingly contradict the reclusion they claim to seek. Exile itself, though bitter, keeps its object surely within the line of sight: the exile is watched when far away, writes back and sometimes returns.

To consider Byzantium, lastly, requires the distant and decentred gaze of foreign eyes. Armenian, Latin and Syriac chroniclers, Arab and Mongol emissaries turned a careful, sometimes cruel eye on the Empire, its culture and rites, which historians would be wrong to ignore. The discipline of Byzantine history itself has long been relegated to the margins of the field, as a necessary but uninteresting transition, with Byzantium variously held as the last jolt of the Greco Roman world, the exhaustingly long final breath of the Late Roman Empire or the prelude to Ottoman Turkey.

Centres, norms, limits: everything remained to be done for the partisans of an autonomous study of Byzantine culture. Today, the delicate tension between the centre of the world and the margins of the Empire reflects both the advances and the pitfalls faced by academic inquiry. Such are the aims of the XVth Rencontres : to consider Byzantium within its margins, from its margins and as a margin.

Papers may concern the following themes:
• Territorial margins, borders and spaces of transition
• Settlement of margins and population transfers
• The situation of women, children and slaves
• Definitions and transgressions of gender norms
• Disease, disability, infirmity and death
• Religious controversies, heresy, excommunication and anathema
• Monastic communities
• Visible forms of marginality such as dress and foodways
• Byzantium as a margin

Papers, with an expected duration of 20 minutes, may be presented in French or English. Proposals for presentations (250-300 words), as well as a brief biography including the candidate’s affiliation, their current level of study (master, doctoral, post-doctoral) and their area of study should be sent tà
aemb.paris@gmail.com by March 31, 2024, at the latest.

The conference will be held in-person in Paris on October 4-5, 2024. Participants’ travel costs may be covered by the association if they are unable to receive funding from their institutions. Selected candidates will be asked to register as members of the association

Appel à communications : Les humanités numériques et l’Orient chrétien médiéval : nouveaux outils, nouvelles approches, nouvelles perspectives

Le jeudi 14 et vendredi 15 novembre 2024 se tiendra à Montpellier le colloque « Les humanités numériques et l’Orient chrétien médiéval : nouveaux outils, nouvelles approches, nouvelles perspectives », organisé par Florian Artaud (Université Paul-Valéry Montpellier 3 -CEMM), Isabelle Augé (Université Paul-Valéry Montpellier 3 – CEMM) et Marie-Anna Chevalier (Université Paul-Valéry Montpellier 3 – CEMM), avec le soutien du Centre d’études médiévales de Montpellier (CEMM – EA4583).

L’appel à communications est disponible ici. Vous avez jusqu’au 14 avril 2024 pour envoyer vos propositions à florian.artaud@yahoo.com !